sarl sas

Créer son entreprise, c’est choisir une activité, un nom, une stratégie… mais aussi une forme juridique ! Et à ce petit jeu, la SARL et la SAS font souvent figure de duel de tête. Faut-il privilégier la souplesse de la SAS ou la sécurité de la SARL ? Y a-t-il vraiment un « meilleur » choix ? Comme souvent, NDP Avocats fait le point pour mieux vous aider.

SARL ou SAS : deux structures aux logiques différentes

La SARL (Société à Responsabilité Limitée) est une forme très encadrée par la loi. Elle convient bien aux entreprises familiales ou aux projets à deux associés, notamment en couple. Sa gouvernance est plus rigide, mais rassurante.

La SAS (Société par Actions Simplifiée), au contraire, offre une grande liberté contractuelle. Elle séduit les startups, les entreprises innovantes ou à fort potentiel de croissance, notamment en raison de sa souplesse statutaire et de sa capacité à accueillir facilement des investisseurs.

SARL : les avantages

  • Cadre juridique sécurisé : la SARL est régie par des règles précises. Moins de marge d’erreur pour les novices.
  • Statut du gérant majoritaire : affilié au régime des indépendants, avec des cotisations sociales moins élevées.
  • Forme rassurante pour les banques : bien connue, elle inspire confiance pour l’obtention de financements.
  • Partage du pouvoir bien encadré : parfait pour des associés qui souhaitent éviter les conflits de gouvernance.

SAS : les atouts à ne pas négliger

  • Souplesse de fonctionnement : libre organisation des statuts, choix de la répartition des pouvoirs, des modalités de cession d’actions, etc.
  • Président assimilé salarié : protection sociale identique à celle d’un salarié, ce qui est souvent vu comme un avantage.
  • Facilité d’entrée pour les investisseurs : la structure par actions rend la levée de fonds plus fluide.
  • Absence de charges sociales sur les dividendes : contrairement à la SARL pour un gérant majoritaire.

Ce qu’il faut aussi prendre en compte

  • Le coût : la SAS coûte souvent un peu plus cher à la création comme à la gestion courante.
  • La rémunération du dirigeant : selon que vous soyez en SAS ou en SARL, votre régime social change, tout comme le poids des cotisations.
  • La fiscalité : les deux formes sont soumises par défaut à l’impôt sur les sociétés, mais il existe des options pour une imposition à l’impôt sur le revenu, temporaire et encadrée.

« Le choix entre SARL et SAS doit être guidé par la nature de votre activité, vos ambitions, et votre profil de dirigeant. On ne choisit pas une forme juridique parce qu’un ami l’a fait, mais parce qu’elle colle à votre réalité » explique Maître Jérôme Debeauce, avocat associé chez NDP Avocats, spécialiste en droit des sociétés.

Quelques cas concrets

  • Vous êtes artisan ou commerçant et vous montez votre société avec votre conjoint ? La SARL sera plus adaptée.
  • Vous lancez une startup tech avec levée de fonds prévue ? Optez pour la SAS.
  • Vous créez une entreprise à deux avec des pouvoirs bien définis ? Les deux peuvent convenir, mais la SAS offrira plus de souplesse.
  • Vous cherchez à limiter vos cotisations sociales au lancement ? La SARL peut offrir un avantage en phase de démarrage si vous ne vous versez pas de salaire.

Et les autres formes alors ?

La SARL et la SAS ne sont pas les seules structures à votre disposition. Le droit français propose une pluralité de statuts, chacun avec ses avantages spécifiques. Vous pouvez ainsi envisager :

  • L’EURL (Entreprise Unipersonnelle à Responsabilité Limitée) : idéale pour démarrer seul avec un cadre sécurisé.
  • La SASU (Société par Actions Simplifiée Unipersonnelle) : version solo de la SAS, souvent choisie pour sa souplesse.
  • La micro-entreprise : régime simplifié adapté aux activités de petite taille ou à ceux qui souhaitent tester un projet.
  • L’entreprise individuelle : avec ou sans responsabilité limitée (EI ou EIRL), pour un fonctionnement très allégé.
  • Les sociétés à gouvernance collective comme la SCOP ou la SCIC, si votre projet repose sur des valeurs de coopération ou d’utilité sociale.

« D’autres formes juridiques existent, comme la SA ou la SNC, plus rares mais adaptées à certains contextes spécifiques. Là encore, le choix doit se faire en fonction de votre projet, de vos besoins et de vos perspectives de développement » répète Maître Debeauce.

En conclusion : pas de bonne ou de mauvaise forme, juste un bon accompagnement

On oppose souvent SARL et SAS comme deux visions contraires. « Mais en réalité, comme il n’y a pas de bonne ou de mauvaise situation, il n’y a pas de bonne ou de mauvaise forme juridique. Il y a celle qui est la plus adaptée à votre projet, à vos besoins, et à vos ambitions… Et il y a les autres. En clair, il n’y a pas de mauvaise forme juridique : il n’y a que des entrepreneurs mal conseillés » insiste Maître Jérôme Debeauce.

Alors avant de signer vos statuts, faites-vous accompagner. Chez NDP Avocats, nous vous aidons à faire le bon choix dès la création… pour éviter les mauvaises surprises plus tard.